Alors la crise?

Publié le par Beurk

Comme je le disais la dernière fois, le déferlement d'informations de toutes sortes fait qu'on a bien de la peine à prendre du recul. J'ai contemplé, halluciné, ces dernières semaines, la victoire puis le sacre d'Obama(que même les ex-bushistes les plus acharnés ont applaudie), l'autodestruction du parti socialiste, les gesticulations et l'autosatisfaction délirante du mari de C. Bruni, les massacres d'Ossètes, de géorgiens, de palestinens et le développement de la crise économiques. C'est de ce dernier point dont j'aimerais parler.

Personne n'ignore aujourd'hui que le merveilleux système financier que nous avons, a fait une belle sortie de route et que l'ensemble de l'économie va souffrir. Le Pib va baisser, non par la décroissance, mais simplement par une récession qui risque de se révéler particulièrement sévère. Si j'évoque la décroissance, c'est que certains n'hésitent pas à dire que finalement, pour sauver le climat, ce qu'il nous faudrait, c'est une bonne dépression. Le raisonnement est simple: puisqu'on arrive pas à faire descendre significativement les émissions de CO2 par point de Pib, c'est ce dernier qui doit diminuer. Comme par ailleurs, personne n'a proposé de scénario cohérent pour faire diminuer ce Pib de façon maîtrisé, on peut se dire qu'une crise, cela pourrait faire l'affaire. C'est, par exemple, ce que n'hésite pas à proclamer le prix Nobel de chimie Paul Crutzen, qui s'était déjà signalé en défendant l'idée de modifier volontairement la composition  de l'atmosphère pour lutter contre le réchauffement.
Au delà du caractère particulièrement cynique de la déclaration(ce ne sont pas les scientifiques bardés de récompenses qui paient les pôts cassés des crises ), on peut se poser la question: est-ce juste? Il est clair qu'une baisse de l'activité économique entraînera une diminution de certaines pollutions. D'ailleurs, ce qui a permis de limiter les émissions de CO2 dans les années 90, c'est la chute du mur de de Berlin et l'effondrement des économies des pays de l'ex-pacte de Varsovie.

Bien sûr, on peut aussi se dire que l'augmentation des faillites, du chômage, et de la pauvreté risquent de faire passer les préoccupations environnementales au second plan. Si 15 ou 20% de la population est à la recherche d'un emploi, qui osera s'opposer au développement d'industries polluantes? On pourra se souvenir, qu'après avoir eu le vent en poupe dans les années 70, les mouvements écologiques sont passés au second plan dans les années 80, époque où l'économique et les affaires sont devenus des valeurs suprêmes. De même, la chute du prix du baril risque de nous faire oublier la nécessité d'une transition énergétique, exactement comme le contre-choc pétrolier l'avait fait il y a un peu plus de 20 ans.

Bref, il me semble assez hasardeux d'espérer que la crise soit bébéfique vis à vis de la crise écologique globale, cela sera peut-être le cas, mais ce n'est pas certain, loin de là. Par contre, le fait que certains avancent cette idée me semble assez symptomatique du  découragement qui gagne une bonne partie des spécialistes. Je crois que beaucoup sont comme le glaciologue C. Lorius, très pessimistes sur la capacité de l'humanité à prendre des décisions susceptibles de prévenir le problème. Dans ce cas, on en vient juste à espérer que des éléments indépendants de notre volonté viennent nous obliger à agir comme il convient.


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Aerobar 10/02/2009 22:23

"Il est clair qu'une baisse de l'activité économique entraînera une diminution de certaines pollutions."

Bon, ben pour l'instant ce n'est pas encore ça : http://aerobarfilms.over-blog.com/article-27788759.html