Le G8 se moque de nous...

Publié le par Beurk

Dans un article précédent, je détaillais les raisons qui expliquaient le manque de réaction politique à la crise environnementale. La dernière réunion du G8  vient de fournir une nouvelle illustration du phénomène. Ceux qui veulent absolment cultiver l'optimisme se féliciteront que pour la première fois un objectif chiffré a été annoncé: on pévoit la réduction d'ici 2050 des émissions de gaz à effet  de serre.
Hélas, en y regardant de plus près, il n'y a vraiment  pas de quoi se réjouir.
En tout premier lieu, l'objectif est insuffisant. Rien que pour la France, pays plutôt bon élève parmi les pays industrialisés, c'est par quatre qu'il faudrait diviser les émissions de CO2 à cet horizon.
Ensuite, et c'est le plus important, il n'y a aucun objectif intermédiaire annoncé. Autrement dit, il ne s'agit que d'une promesse que seront censés réaliser des dirigeants qui aujourd'hui sont pour la plupart sur les bancs de l'école, et qui n'engagent évidemment pas nos dirigeants actuels.
Citons l'article du site de notre gouvernement, cela ne manque pas de sel:
La définition d’objectifs à moyen terme, pays par pays, avant 2050, est retenue dans son principe, les modalités seront fixées à une date ultérieure.
Il n'y a même pas de calendrier de négociations pour fixer les modalités...
Bon, si on veut  être juste, deux décisions concrètes ont été avancées. Tout d'abord:
10 milliards de dollars par an au cours des prochaines années permettront le lancement de 20 projets expérimentaux de capture de stockage de carbone (CCS) d’ici à 2010.
Bien sûr, c'est espérer qu'un gadget techologique va nous permettre de nous en sortir sans efforts, mais c'est quand même positif... par rapport au reste. Surtout d'ailleur par rapport au second point:
la création par la Banque mondiale de deux fonds pour lutter contre le réchauffement climatique, auxquels les pays du G8 apporteront 6 milliards de dollars.
Qu'est-ce que j'ai à reprocher à cela? Simplement l'origine deu financement. L'argent versé aux fonds sera ponctionné sur l'aide au développement, en particulier à l'éducation et à la santé.
« Ce [détournement des fonds de l’ODA] est une nouvelle catastrophique : chaque dollar prélevé sur les fonds de l’ODA au profit de l’adaptation au changement climatique est un dollar de moins consacré [aux programmes] sanitaires et éducatifs dans les pays en voie de développement », a prévenu Antonio Hill, conseiller principal en politiques à Oxfam, l’organisme d’aide au développement britannique.
Ecoeurant, non?


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