Retour du religieux?

Publié le par Beurk

L'obsession de Sarkozy pour les questions religieuses et le vaste débat autour des déclarations du président me mettent hors de moi mais vont me permettre d'aborder un sujet qui me tient à coeur, le rapport entre défense de l'environnement et spiritualité.
En tout premier lieu , il convient que je dise franchement ce que je pense des propos du chef de l'état: que du mal.  Pour tout dire, je suis profondément affligé par l'indigence de son argumentaire:
  • 1) Le concept de "laïcité positive" est une farce, puisqu'il s'agit d'être positif vis à vis des religions, ce qui est bien entendu contraire au principe de laïcité qui veut que l'état ne les soutienne en rien(mais qu'il ne s'y oppose pas non plus si elles respectent les lois de la république).
  • 2) L'idée que la foi en Dieu est un rempart contre les fanatismes est tellement réfutée par l'histoire et l'actualité que je ne pense pas utile de fournir de contre-exemple. Tenir un tel discours est stupéfiant de bêtise.
  • 3) Attribuer au recul du religieux, l'origine des idéologies criminelles du 20ième siècle est un amalgame odieux et imbécile. C'est oublier que ce recul est en partie à l'origine de la fin des monarchies de droit divin, du développement des démocraties représentatives, de l'établissement des droits de l'homme. C'est assimiler la philosophie des lumières au nazisme et au stalinisme. C'est aussi oublier l'existence de dictatures théocratiques et le soutien de l'Eglise à un certain nombre de tyrans.
  • 4) Affirmer que Dieu serait "en chacun de nous" est une façon de prétendre que ceux qui se définissent comme athées ou agnostiques seraient des hypocrites. Cela fait craindre des atteintes à liberté de conscience puisque celle-ci donne aussi le droit de ne pas croire.
  • 5) En même temps, si Sarkozy a voulu dire par là que certaines interrogations sont universelles, alors son argument est simplement fondé sur la confusion entre le spirituel et le religieux...
  • 6) Affirmer le retour du religieux en s'appuyant en particulier sur la fameuse citation de Malraux dont il y a tout lieu de penser qu'il ne l'a pas prononcée, mérite d'être appuyé par des faits.
  • 7) Prétendre qu'instaurer un dialogue entre les religions serait une antidote contre une prétendue "guerre de civilisation" nous menaçant est doublement douteux, à la fois dans le diagnotic fondé sur une géopolitique ultra-simpliste et dans le remède qui oublie que ce qui transcende les différences culturelles est plutôt à chercher du côté de la science et de l'humanisme que des croyances.
Bon, maintenant que je me suis bien défoulé, il est temps d'élargir le débat. Qu'en est-il du retour du religieux? Et surtout de son rapport avec les questions environnementales?

Pour beaucoup, que ce soit parmi ses partisans ou ses détracteurs, l'écologie ne peut se concevoir que comme un rapport teinté de spiritualité avec la nature. La société industrielle nous aurait coupé des liens qui  unissaient à notre environnement nos ancêtres chasseurs cueilleurs et il s'agirait de les renouer. A l'appui de cette thèse, on invoque souvent les sociétés des indiens d'Amérique ou des aborigènes d'Australie et l'affinité qui les unit dans leur culture à l'ensemble des êtres vivants. Cette conception s'accompagne d'un certain nombre de croyances, commes celles qui concernent l'homéopathie et autre médecines douces ou l'astrologie.
Les anti-environnementalistes ont beau jeu de dénoncer l'irrationnalisme de ces conceptions. Certains même font clairement le rapprochement entre leur combat et le scepticisme vis à vis des pseudo-sciences (et ce alors que leurs argumentations ont fait l'objet de critiques fortes de la part de scientifiques). Cela leur permet de donner l'impression que le débat autour de ces questions oppose d'un côté des partisans de la science et de la raison et de l'autre des adorateurs de la magie.

Il est essentiel de défendre une écologie laïque, rationnelle et dégagée de toute considération spirituelle. Il faut rappeler que les aborigènes d'Australie et les ancêtres des indiens d'Amériques ont modifié leur environnement en utilisant des feux de forêts, participé à la disparition des méga-faunes de leurs continents respectifs et que leur mode de vie de chasseurs-cueilleurs est tout sauf viable à l'échelle de 6 milliards d'êtres humains. Nous devons expliquer que l'accumulation de déchets de toutes sortes, la disparition de pans entier des écosystèmes sont des faits et qu'ils posent un problème non religieux mais mathématique: notre planète est un monde fini et ne peut donc supporter indéfiniment ces dégradations.

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Fulmar 01/03/2008 20:19

Ho oui surtout Benvéniste et sa mémoire de l'eau ... Ce n'est pas du tout une croyance, mmh ? Cela me rappelle le numéro spécial de Homeopathy qui en 2007 tentait une fois de plus de valider leur fameux dogme. Bien entendu sans résultats concrets, mais ce n'est pas grave. La faute aux méchants pharmacos et rédacteurs de The Lancet, n'est-ce pas ? ...

Dr charles Philipps 29/02/2008 11:55

Attention, L'homéopathie n'est pas une croyance, regarde et étudie les travaux de Benveniste, de Ruppert Sheldrake ou ce qui se fait en Suisse et Allemagne.

il reste encore beaucoup de chemin a la science classique avant de comprendre que l'homéopathie est une médecine électromagnétique basée sur l'information.

les lobbys pour l'instant tiennent le pavé...